Jean-Paul Mottier, écoquartier du Raquet : « vive la mixité générationnelle »

Jean-Paul Mottier, responsable Grand Projet à la CAD - Communauté d’Agglomération du Douaisis – nous présente le nouveau morceau de ville durable de 166 hectares aménagé sur la Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) du Raquet. Interview.

Jean-Paul Mottier, bonjour. Vous nous résumez ce que représente l’écoquartier du Raquet ?

« L’écoquartier du Raquet, c’est une nouvelle manière de concevoir et de vivre la ville. Nous avons mis l’accent sur la nécessité de répondre à une vraie demande de la part des élus, soucieux de développer ce quartier en termes de logements et d’activité économique, tout en tenant compte des enjeux énergétiques, thermiques et environnementaux d’aujourd’hui et demain. Des critères ont été définis pour cadrer cette démarche d’écoquartier. »

Quels types de critères ?

« La présence du végétal (l’écoquartier du Raquet propose 5 parcs thématiques répartis sur environ 40 hectares), les performances énergétiques et thermiques des logements, commerces, pôles d’activités (PME, TPE, commerces, services)… Il y a un même un des parcs – l’écoparc – qui est dédié à l’activité économique. En fait, l’écoquartier du Raquet, c’est la campagne à la ville, ou la ville à la campagne ! »

Comment avez-vous abordé les réglementations thermiques ?

« C’est un point que je souhaitais effectivement aborder, car nous avons devancé la réglementation thermique entrée en vigueur le 1er janvier 2013. Concrètement, nous l’avons anticipé dès 2008 en imposant à toutes les opérations menées au Raquet entre 2007 et 2013 de répondre au référentiel du label BBC 2005 – Bâtiment Basse Consommation, donc à très faible besoin énergétique - devenu donc plus tard la RT 2012 (NDLR : Ce programme est une application du Grenelle de l'Environnement visant à revoir l'ensemble des règles de construction afin de réaliser des économies d'énergies dans le bâtiment et de réduire les émissions de gaz à effets de serre). Aujourd’hui, nous souhaitons aller encore plus loin. »

C’est-à-dire ?

« Eh bien aujourd’hui, la RT 2012 est devenue la règle. Nous voulons donc explorer et expérimenter d’autres pistes : il y a par exemple un nouveau label concernant les matériaux bio sourcés que nous examinons, et pour lequel la démarche est basée sur le volontariat… ca nous intéresse beaucoup car globalement, nous souhaitons innover et ouvrir des voies favorisant des produits toujours plus éco responsables, plus « aimables » avec l’environnement comme avec l’Homme. Bien sûr, nous travaillons pour anticiper aussi ce que sera la réglementation thermique de 2020 qui va nous amener vers la maison passive, vers la maison à énergie positive. Nous expérimentons en permanence, avec certains porteurs de projets, les voies les plus intéressantes pour anticiper cet avenir réglementaire. »

Comment s’est déroulée la collaboration avec l’agence Houyez ?

« Très bien ! Tout a commencé avec l’appel à projet de la CAD pour la Maison de l’écoquartier du Raquet. La proposition de l’agence Houyez a été retenue à l’unanimité. Ce qui nous a séduit dans le dossier présenté ? L’équipe de Jérôme Houyez a parfaitement compris l’esprit que l’on voulait insuffler au bâtiment, que nous envisagions avant tout comme un signal de plusieurs parti-pris : le souhait fort d’une autre forme d’architecture - ouvertement contemporaine –, d’une démarche très environnementale sur le plan énergétique et capable de faire référence… Nous avons été réellement compris dans notre exigence d’innovation, d’approche audacieuse, tout en restant dans une réalité économique. La réponse de l’agence Houyez opérait la parfaite synthèse de ces différentes contraintes. »

Quel est l’historique de l’écoquartier du Raquet ?

« Le projet a été imaginé en 2005 par l’ancien président de la Communauté d’Agglomération du Douaisis, et il a été mis en œuvre par Christian Poiret, actuel président de la CAD. Le projet s’est formalisé en 2006 par le choix d’une équipe de Maîtrise d’œuvre. Une équipe pluridisciplinaire d’architectes, d’urbanistes, de paysagistes, de spécialistes des questions environnementales et énergétiques a été sélectionnée. En décembre 2008, le projet a été reconnu d’utilité publique, ce qui nous a permis d’acquérir les terrains nécessaires. La phase travaux a symboliquement commencé en 2010 par la réalisation des jardins familiaux, mais c’est en 2011 que le chantier a officiellement démarré. »

Quel est votre objectif en termes de nombre d’habitants ?

« Aujourd’hui, l’écoquartier du Raquet regroupe 27 familles. Nous évoluons progressivement car notre objectif prioritaire, c’est avant tout de ressouder des éléments de quartiers, des morceaux de ville. A ce jour, 171 logements sont en chantier : je parle ici de maisons individuelles, maisons de ville, appartements… A terme, nous ambitionnons d’accueillir 10 000 ou 12 000 personnes. »

Quid de la notion de mixité ?

« Elle est essentielle ! Ce qui est important pour nous avec l’écoquartier du Raquet, c’est effectivement cette notion de mixité générationnelle. L’écoquartier du Raquet, c’est une offre de logements conçus pour tout le monde, des couples primo accédants aux retraités en passant par les personnes en situation de handicap, ou encore les bobos écolo. Oui, l’écoquartier du Raquet est réellement pensé pour le plus grand nombre ! »


Publié le 08 novembre 2013

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