Jean-Louis Poillion, Jardin de Cocagne : « l’écologie pratique au goût du jour »

Jean-Louis POILLION est Directeur de l’Association Solidarité & Initiative et Directeur du Jardin de Cocagne de la Haute Borne à Villeneuve d’Ascq, magnifique espace d’insertion socioprofessionnelle par le maraîchage biologique.

Une initiative ambitieuse soucieuse de créer des passerelles durables entre les personnes en insertion et le monde du travail, la filière Bio et les consommateurs locaux, l’innovation scientifique et sociale. Autant de traits d’union à la croisée des enjeux sociétaux, environnementaux et économiques de demain. Interview.

Jean-Louis POILLION bonjour. Le 19 septembre, vous inauguriez le hangar agricole du Jardin de Cocagne à la Haute Borne de Villeneuve d’Ascq. Un mot à chaud sur cet événement ?

« Cela s’est très bien passé malgré la pluie et la fraîcheur qui se sont invitées (rires). Plus de 150 personnes sont passées nous voir. Nous avons eu la chance de bénéficier d’interventions et de visites de grande qualité : Audrey Linkenheld, députée du Nord, Pierre Giorgini, Président-Recteur de l’Université Catholique de Lille, de nombreux dirigeants d’entreprises qui nous ont aidés et soutenus comme Pierre Rolland, Directeur Général de NORPAC, Gaëtan Flipo, Président de ManOrga, Philippe Petitprez, Directeur Stratégies Urbaines et Environnement Immochan. Citons bien sûr le Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais représentée par Virginie Drapier,… Difficile de nommer tout le monde, mais la soirée était placée sous le signe de la qualité et de la convivialité. »

Quelques chiffres sur le Jardin de Cocagne ?

« Le Jardin de Cocagne de la Haute Borne, c’est avant tout 18 personnes en insertion à ce jour, dont la moitié a moins de 26 ans. Nous pouvons monter jusqu’à 20 personnes. Après 9 mois d’étude, le projet de Jardin de Cocagne a débuté en mars 2010. L’agence Houyez s’est engagée début 2011 à nos côtés. Notre jardin – qui était déjà passé de 1,5 à 3 hectares - s'étend désormais sur 4 hectares. Une nouvelle serre de 1 000 m² sera prochainement montée. »

Parlez-nous de votre parcours…

« Oh, il est atypique : j’ai longtemps évolué dans l’éducation en tant qu’animateur pastoral pour des établissements catholiques. En 2007, j’ai donné un tour plus entrepreneurial à mes convictions sociales. Cela m’a amené au projet de création du Jardin de Cocagne de la Haute Borne. Pour cela, je suis passé par la case études via un Master 2 Développement Local et Economie Solidaire à Valenciennes. »

Avez-vous toujours eu la fibre de l’insertion professionnelle ?

« Disons qu’il y a 25 ans, avec ma petite famille, nous habitions dans une ferme dans le cadre d’un projet qu’aujourd’hui on pourrait qualifier d’alternatif. Nous vivions là, entourés d’un potager, d’un élevage, assurions l’éducation à domicile… Afin de restaurer la ferme,, une association avait été créée, ce qui permettait d’embaucher des jeunes en TUC (à l’époque, Travaux d’Utilité Collective) issus de foyers. Plus tard, avec un ami (Marc Saint Olive, premier Directeur du réseau Entreprendre) avec qui je militais dans une association – Solidarités Nouvelles Face au Chômage - j’ai continué à avancer sur ce chemin. De fil en aiguille, mon parcours m’a amené à m’investir de plus en plus au service de l’insertion sociale. »

Quel est votre moteur quotidien ?

« Mon moteur ? (moment de réflexion)… Mon envie de mettre en synergie toutes sortes de personnes ressources autour d’un même projet : chefs d’entreprises, RH, étudiants, chercheurs,… pour servir une belle cause. Je pense que le Jardin de Cocagne et bientôt la Table de Cocagne de la Haute Borne en sont deux bons exemples ! Tiens, c’est d’ailleurs en montant le projet de hangar agricole que j’ai rencontré l’agence Houyez. »

Quelle est la nature de votre lien avec l’agence?

« Ce qui nous relie, c’est d’abord la qualité d’une rencontre. Très tôt, Jérôme Houyez s’est pris de passion pour le projet de Jardin de Cocagne. Il est adhérent de notre association et prend régulièrement ses paniers chez nous. Avec le concours de son équipe, il s’était engagé à relever ce défi ; créer un hangar agricole qui ne ressemble pas à un hangar agricole, condition pour l’installer sur le Parc Scientifique de la Haute Borne. L’agence a joué le jeu d’un mécénat en nature : conception du hangar, dépôt du permis de construire… Et ce n’est pas fini, puisque l’agence Houyez a décidé de nous accompagner sur un deuxième projet, prolongement somme toute naturel du Jardin de Cocagne : la table de Cocagne, entreprise d’insertion sociale elle aussi, développant cette fois une activité de restauration traiteur mettant en valeur les légumes du jardin. Ce projet va nécessiter la construction d’un bâtiment, et l’agence Houyez nous aide à le concevoir ! Je peux même dire que l’agence va installer à terme ses futurs locaux dans ce bâtiment, car il devait y avoir un volet immobilier à ce beau projet. Et la venue de l’agence Houyez sur place rend notre dossier recevable par la Haute Borne. Vous voyez, c’est un partenariat où le mot engagement prend toute sa valeur ! »

Justement, quelles valeurs partagez-vous ?

« Je partage de nombreuses valeurs avec Jérôme Houyez. D’abord il a lui-même travaillé au service d’une structure d’insertion, et il est sensible à la question. Nous avons également un goût commun pour l’écologie pratique, concrète, appliquée. Ensemble, nous pensons que les valeurs de partage, et de confiance sont des valeurs d’avenir. C’est une relation profonde qui nous relie, basée sur le souhait de faire bouger les lignes en ouvrant de nouvelles voies, dans le respect de notre environnement. A ce titre, l’agence Houyez fait un travail de fond important. »


Merci Jean-Louis Poillion. Et belle vie au Jardin de Cocagne de la Haute Borne !

Crédit Photo : Nord Eclair


Publié le 26 septembre 2013

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